Partir en Martinique avec des enfants : les questions à se poser

Partir en Martinique avec des enfants : les questions à se poser

Environ huit heures et demie de vol depuis Paris, cinq heures de décalage en hiver et six en été : à première vue, la Martinique n’a rien d’une destination facile avec des enfants. Dans les faits, c’est l’une des plus simples des Caraïbes pour une famille française. On y paie en euros et la carte Vitale fonctionne chez le médecin comme à la maison.

Les difficultés sont ailleurs, dans l’organisation sur place, et ce sont presque toujours les mêmes d’une famille à l’autre.

Le décalage horaire est-il dur à encaisser pour les enfants ?

Dans ce sens-là, il passe plutôt bien. Un vol vers l’ouest rallonge la journée : les enfants s’effondrent tôt le soir et se réveillent à 5 heures, heure locale, les premiers jours. Inutile de lutter. Aux Antilles, le soleil se lève entre 5 h 30 et 6 h 30, et la nuit tombe vite, entre 17 h 30 et 18 h 30 selon la saison. Les familles qui calent la plage sur le petit matin et la sieste sur les heures chaudes s’en sortent le mieux, d’autant que c’est en milieu de journée que le soleil frappe le plus fort.

Hôtel ou maison : qu’est-ce qui marche le mieux en famille ?

Avec des enfants de moins de dix ans, la maison l’emporte presque toujours. Une cuisine pour les repas à heure fixe, une chambre où coucher les petits pendant que les parents dînent sur la terrasse, un lave-linge pour les maillots pleins de sable : à l’hôtel, ce sont des détails ; en location, ce sont des soirées sauvées.

Si vous choisissez de louer une maison de vacances en Martinique, posez une question précise avant de réserver : quel dispositif de sécurité équipe la piscine ? Depuis la loi du 3 janvier 2003, les piscines privatives enterrées doivent en avoir un, location comprise, mais le texte laisse le choix entre barrière, couverture, abri et alarme. Or une alarme se déclenche quand l’enfant est déjà dans l’eau, alors qu’une barrière l’empêche d’y arriver. Avec un enfant qui ne nage pas, la différence se compte en secondes.

Même vigilance pour le terrain. Beaucoup de villas sont construites à flanc de morne, avec des terrasses en surplomb et des escaliers extérieurs. Si vos enfants marchent à peine, demandez des photos des garde-corps avant de payer l’acompte.

Quelles plages pour des enfants qui nagent mal ?

La règle tient en une phrase : la côte caraïbe, à l’ouest et au sud, est en général calme, tandis que la côte atlantique, à l’est, est battue par les alizés, sauf dans les baies protégées par la barrière de corail. Pour des petits, l’Anse Mitan et l’Anse à l’Âne, aux Trois-Îlets, offrent une eau tranquille. À Grande Anse, aux Anses-d’Arlet, les enfants qui acceptent de mettre la tête sous l’eau avec un masque voient des tortues brouter les herbiers non loin du bord.

Plus original, les baignoires de Joséphine, dans la baie du François, sont des hauts-fonds de sable blanc au milieu de la baie, accessibles en bateau. L’eau arrive à la taille d’un adulte, donc bien au-dessus de la tête d’un enfant de cinq ans : brassards obligatoires, même si l’endroit ressemble à une piscine. Côté atlantique, surveillez aussi les sargasses. Ces algues brunes s’échouent par vagues et dégagent en se décomposant de l’hydrogène sulfuré, déconseillé aux jeunes enfants. Quand l’odeur d’œuf pourri est là, on change de plage.

Peut-on se passer de voiture ?

Difficilement. Les transports en commun desservent mal les plages et les sites de nature, et une famille sans véhicule reste vite cantonnée à son quartier. Réservez les sièges auto en même temps que la voiture : comme dans l’Hexagone, un dispositif adapté est obligatoire jusqu’à 10 ans, et mieux vaut ne pas découvrir au comptoir de l’aéroport qu’il n’en reste plus.

Le piège, ce sont les bouchons. Aux heures de pointe, les abords de Fort-de-France et du Lamentin se figent, et une demi-heure de trajet peut tourner à l’épreuve avec deux enfants à l’arrière. Si vous logez aux Trois-Îlets, la navette maritime qui traverse la baie jusqu’à Fort-de-France évite la route. Pour un enfant, la traversée vaut déjà une sortie.

Que faire les jours de pluie ou de trop-plein de plage ?

Le jardin de Balata, sur la route de la Trace, plaît pour ses passerelles suspendues dans les arbres. Le zoo de Martinique, installé au Carbet dans les ruines d’une ancienne habitation sucrière, mêle animaux et vieilles pierres. Pour les plus grands, la Savane des Esclaves, aux Trois-Îlets, raconte la vie rurale et l’esclavage à travers des cases reconstituées ; la visite suscite beaucoup de questions au dîner, et c’est tant mieux.

Contre quoi faut-il vraiment protéger les enfants ?

Le soleil d’abord. L’indice UV atteint des niveaux très élevés toute l’année, ciel voilé compris ; un tee-shirt anti-UV et un chapeau valent mieux que trois couches de crème. Les moustiques ensuite : la Martinique connaît des épidémies de dengue, et le moustique qui la transmet pique surtout le jour, en début de matinée et en fin d’après-midi. Demandez en pharmacie un répulsif adapté à l’âge de chaque enfant.

Restent deux dangers propres aux plages antillaises. Les oursins, sur les entrées rocheuses, justifient une paire de chaussures d’eau. Et le mancenillier, arbre fréquent en haut des plages, souvent signalé par un trait de peinture rouge sur le tronc : sa sève brûle la peau et ses petits fruits, qui ressemblent à des pommes, sont toxiques. Ne laissez jamais un enfant s’abriter dessous pendant une averse.

Dans le bagage cabine, glissez maillots, crème solaire et chaussures d’eau. Une valise peut arriver avec un jour de retard, et après huit heures d’avion, le premier bain n’attendra pas.